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  • Alice Desvilles

Edition spéciale journée internationale des migrants du 18 décembre 2020

Par Rita Sidki


« La Journée internationale des migrants est l'occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination » d’après L’ONU. En juillet 2020, le chef de la Croix-Rouge a averti que le bilan économique de la pandémie de Covid-19 dans le monde risquerait de déclencher de nouvelles vagues de migrations.

Cet article revient sur certains des principaux faits d’actualité concernant l’immigration en Europe.

Crédit photo : Wikimedia Commons / No change made

Politique migratoire et situation en Europe


Le texte sur le “Pacte pour la migration” européen a été présenté à Bruxelles en septembre 2020. Il s’agissait d’un dossier prioritaire pour la Commission Européenne sous la présidence d’Ursula von der Leyen. La Commission se positionne en faveur d’une politique de gestion des flux migratoires sans pour autant rejeter son devoir humanitaire. Les trois piliers de cette future politique seraient : des partenariats internationaux durables avec des pays d’origine ou de transit des principaux flux, des gains en efficacité dans les procédures administratives et une meilleure surveillance des frontières extérieures pour prévenir les refoulements abusifs.


Bruxelles souhaiterait également augmenter son budget « Asile et immigration » de 12 milliards d’euros sur la période 2020-2027.


Des divergences majeures se sont développées entre les Etats pendant la crise de 2015. L’Union souffre aujourd’hui d’un défaut de solidarité entre ses membres.

La Grèce, l’Italie et Malte demandent plus d’aide de leurs partenaires. Les dirigeants de la Hongrie, de la Pologne, de la République Tchèque et de Slovaquie ont déjà précisé leur refus d’accueillir tout étranger. Seuls la France, l’Allemagne, le Portugal, l'Irlande, la Suède et le Luxembourg ont annoncé être prêts à initier des discussions sur le sujet.


Le règlement de Dublin devrait, quant à lui, être remplacé par une nouvelle procédure où chaque pays de l’Union participerait au processus de répartition, de traitement des dossiers et des retours.

Le règlement de Dublin est un dispositif de traitement des demandes d’asile qui stipule que la responsabilité de l’examen de la situation d’un réfugié appartient au premier pays qui l’a accueilli. Il est jugé inégalitaire par les principaux pays d’entrée : la Grèce, Malte et l’Italie. Il s’est montré particulièrement inefficace lors de la crise de l’immigration de 2015. Le flux massif et rapide de réfugiés de guerre avait profondément bouleversé la politique d’asile de l’Union. Des « quotas » de répartition des candidats à l’asile au sein de l’UE ont été établis, cependant cette relocalisation n’a pas été menée jusqu’au bout.

Crédit photo : Pixabay

Il est enfin nécessaire pour Mme. Von der Leyen de limiter le développement de camps de migrants précaires et à risques tel que celui de Moria en Grèce qui a connu un incendie dramatique en septembre. Seulement dix pays européens avaient accepté d’accueillir les migrants du camp détruit. En France le problème des camps insalubres à Calais et en Ile-de-France persiste faute d'hébergement offert aux migrants. Les associations humanitaires dénoncent des évacuations répétées de camps par la police. Le démantèlement particulièrement violent d’un campement de migrants de la Place de la République par la police le 23 novembre a entraîné l’indignation de l’opinion publique, d’ONG et d’élus politiques.


Une situation toujours dramatique pour les migrants en situation irrégulière


L’Europe est également divisée sur le sujet des migrants qui tentent de rejoindre le continent par la Méditerranée. Ces dernières années, on a pu observer de longues errances de bateaux de sauvetage d’ONG qui n’avaient pas de port où accoster légalement. Chaque sauvetage en Méditerranée donne lieu à des négociations conflictuelles entre Etats européens. Il s’agit de trouver un accord sur le lieu de débarquement des bateaux et sur la prise en charge des migrants à leur bord. Entre janvier 2014 et septembre 2018, 28 555 migrants sont morts ou disparus en Méditerranée alors qu’ils tentaient d’atteindre les côtes de l’Europe.


Depuis début 2020, 2300 personnes sont entrées en Europe en provenance de la Libye, par ailleurs souvent un pays de transit. Plus de 2 000 ont été interceptées et ramenées en Libye par les garde-côtes en collaboration avec l’Union Européenne. Des ONG dénoncent également le traitement inhumain des migrants en cours en Libye. Amnesty International soulève des cas de plus en plus fréquents d’homicides, de viols et de travail forcé. Les personnes exilées se retrouveraient dans des centres de détention officiels et non officiels.

 

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