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  • Alice Desvilles

Elections présidentielles aux Etats-Unis : un résultat serré et incertain

Par Rita Sidki


Une élection historique


Plus de 200 millions d'Américains étaient appelés aux urnes pour l’élection présidentielle de 2020 qui oppose principalement l’actuel président républicain Donald Trump et l’ex-vice-président démocrate de Barack Obama, Joe Biden.


D'autres candidats se présentent aussi : la libertarienne Jo Jorgensen (avec Spike Cohen) et l'écologiste Howie Hawkins (avec Angela Nicole Walker). L’élection présidentielle se fait par suffrage indirect : chacun des États américains se voit attribuer un nombre de grands électeurs équivalent au nombre de parlementaires (représentants et sénateurs) qu'il a au Congrès. Le candidat qui obtiendra la majorité absolue des 538 grands électeurs, soit 270 d'entre eux, sera élu pour diriger le pays pour un mandat de 4 ans. Dans chaque Etat (hormis le Maine et le Nebraska), le parti qui obtient le plus de voix remporte tous les grands électeurs. Le 3 novembre 2020 a eu lieu l’Election Day durant lequel 160 millions d’électeurs et électrices ont voté physiquement ou par correspondance pour le candidat de leur choix. Les élections locales de la Chambre des Représentants (l’ensemble des 435 sièges) et du Sénat (33 des 100 sièges) ont également eu lieu.


Des résultats attendus

Actuellement (jeudi 5 novembre 17h) Joe Biden a reçu 253 votes de grands électeurs et Donald Trump 214. Le résultat n’est pas encore connu pour des « swing-states » tels que la Géorgie, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, le Nevada et l’Arizona.


Lors de l’élection présidentielle américaine, deux autres moyens de vote sont proposés aux électeurs : le vote anticipé, qui est la possibilité de voter avant l’Election Day du 3 novembre ainsi que le vote par correspondance, cela en dépit d’un vote physique aux urnes.

Crédit photo : Markus Spiske / Unsplash

Une situation inédite


Tous les Etats, à l'exception de huit d'entre eux, ont autorisé la généralisation du vote par correspondance pour cause du contexte de pandémie de covid-19. Le président des Etats-Unis s’est montré particulièrement opposé à la généralisation du vote par correspondance, qu'il juge propice aux fraudes et selon lui, trop favorable aux démocrates. Lors de la présidentielle de 2016, 33 millions de bulletins avaient été envoyés par la poste, soit près du quart du total de suffrages exprimés. Cette année ce sont 63,9 millions d’électeurs américains ont voté par correspondance.


Or le US Postal Service souffre de certains dysfonctionnements depuis quelques mois : retards dans la livraison des colis et la réception du courrier, réduction des financements, baisse du volume d’heures de travail des salariés… Ceci explique le retard pris dans le décompte des votes par correspondance qui n’a pu commencer légalement qu’à partir du 3 novembre. Cet afflux de bulletins et le temps que prend le dépouillement semblent avoir provoqué le "Blue shift" de mercredi puisque les votes par correspondance sont très majoritairement en faveur du candidat démocrate. Durant sa campagne électorale, l’équipe de Joe Biden avait en effet fortement recommandé à sa base électorale d’avoir recours à cette manière de voter afin de se préserver de la covid-19.

Crédit photo : BP Miller / Unsplash

Malgré les retards pris dans le décompte des votes, Trump affirmait dès mercredi avoir « gagné l’élection ». Ce dernier a déposé un recours en justice pour obtenir la suspension du dépouillement dans l'Etat clé de Pennsylvanie, a annoncé son directeur de campagne, tout en revendiquant la victoire dans cet État. Il a également annoncé qu'il comptait demander un recomptage des voix dans le Wisconsin et dans le Michigan en raison d'"irrégularités" telles que des difficultés d’accès aux bureaux de vote pour les partisans républicains. Les observateurs de l'OSCE ont durement critiqué jeudi, des "allégations infondées" du président sur des fraudes lors de l'élection présidentielle, soulignant qu'elles "affaiblissent la confiance du public dans les institutions démocratiques". Les équipes de Joe Biden et Donald Trump avaient toutes deux engagé de nombreux avocats et juristes et sont prêts à mener une bataille judiciaire au cas où l’un des deux contesterait le résultat.


Vers une division de la société ?


Des manifestations pour s’assurer du décompte de chaque vote ont lieu dans plusieurs villes du pays : les manifestants démocrates insistent sur l’importance de compter chaque vote tandis que les partisans républicains demandent un arrêt du dépouillement des votes. Il s’agit pour l’instant de tensions mais il n’y a pas eu de cas de violence ou de dégradations avérés.


Malgré les attentes d’une « vague bleue » durant cette élection, la base électorale de Donald Trump ne faiblit pas, durant son mandat, le président a réussi à fidéliser de nombreuses communautés : les Evangélistes qui sont satisfaits par les décisions prises en matière de liberté religieuse, les conservateurs fiscaux favorables à une faible imposition des entreprises fortunées, les anti-avortement suite aux positions du président contre la pratique de l’IVG mais aussi ceux favorables à la légalisation du port d’arme.

 

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