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  • Alice Desvilles

Facebook et les élections américaines, vers une régulation efficace des contenus?

Par Anastasia Postovan


Les élections présidentielles américaines ayant lieu tous les quatre ans, nous saurons le 3 novembre qui sera le prochain locataire de la Maison-Blanche: Donald Trump, le président en fonction, qui candidate à un second mandat en tant que candidat Républicain, ou son adversaire, Joe Biden, candidat du Parti Démocrate et ancien vice-président de 2009 à 2017 sous l’administration Obama. Il s’agit des deux plus vieux candidats à la présidence de toute l’histoire américaine, ils ont respectivement 74 et 77 ans.

Crédit Photo : Erik Mclean / Unsplash

Une élection chamboulée et inédite


Du fait de la pandémie mondiale de COVID-19, de nombreux votes sont envoyés par voie postale, ce qui pourrait potentiellement augmenter le risque de falsification ou de destruction de voix, certains Républicains ayant d'ailleurs déjà détruit certaines boîtes postales en Californie ou Virginie. Près de 22 millions d’Américains ont privilégié ce système et ont déjà voté en avance.

Les réseaux sociaux ont un effet important sur les campagnes électorales américaines. L’usage de ces moyens de communication revêt une dimension stratégique fondamentale dans toute tentative de conquête du pouvoir. Nous allons donc analyser les effets de la révolution numérique et plus particulièrement des réseaux sociaux – que nous définissons comme les plateformes numériques facilitant l’échange d'informations entre individus – sur la campagne électorale. On pourra s'appuyer sur les enseignements des dernières élections présidentielles américaines.

L’importance des réseaux sociaux dans la campagne américaine est liée tout d’abord à leur poids dans la société elle-même. On compte près de deux cents millions d’utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis, soit 68% de la population , et soixante-seize millions d’utilisateurs de Twitter, soit 20% des Américains. De plus, il est à noter que près de 62% de la population américaine se servirait des réseaux sociaux comme source d’accès à l’information.


Des mesures fortes

C’est pourquoi Facebook travaille activement pour éviter que la plateforme ne soit utilisée pour influencer les votes des Américains, comme lors des dernières élections avec le scandale Cambridge Analytica notamment. La dernière action en date? La mise en ligne d’un récapitulatif des dernières dispositions que prendra la plateforme concernant les contenus politiques à propos des élections, informations publiées par Mark Zuckerberg lui-même. Il y explique les nouvelles règles d’utilisation du site et affirme que Facebook est prêt à lutter contre la manipulation. La règle à retenir est que Facebook n’acceptera plus aucun contenu sponsorisé ayant un lien avec les élections américaines la semaine précédant le scrutin. «Nous avons tous la responsabilité de protéger notre démocratie. Cela signifie aider les gens à s’inscrire et à voter, éliminer la confusion sur la façon dont ces élections se dérouleront et prendre des mesures pour réduire la probabilité de violence et de troubles.» a souligné Zuckerberg.


Crédit photo : Annie Spratt / Unsplash

Facebook et Instagram ont retiré 2,2 millions de publicités et 120 000 posts pour tentative d’entrave à la participation au scrutin de l’élection américaine”, a confirmé le vice-président de Facebook, Nick Clegg. Le réseau social aurait supprimé depuis début octobre 30 réseaux malveillants, et plus de 300 comptes et pages. De plus des avertissements ont été affichés sur 150 millions de fausses informations vérifiées par des médias indépendants, toujours selon Nick Clegg.

Clegg a aussi indiqué que Facebook avait mis en place une intelligence artificielle afin de supprimer des milliards de posts et faux profils avant que les utilisateurs commencent à interagir avec ceux-ci. Ils continueront de chercher les sources de provenance de ces spams et traqueront ceux qui investissent dans ce type de publicité. Facebook va sauvegarder toute publication concernant le vote, ainsi que sa provenance et l’identité de celui qui l’a financée pendant 7 ans, pour assurer une totale transparence.

Mark Zuckerberg a annoncé le 3 septembre que si «un candidat ou un parti tente de se déclarer vainqueur avant que les résultats ne soient définitifs, nous (Facebook) ajouterons une mention à leurs messages précisant que les résultats officiels ne sont pas encore connus, et redirigeant les internautes vers ces résultats».


La peur du passé

Ainsi, le plus grand réseau social au monde cherche à éviter à tout prix de reproduire ce qu’il s’est passé lors du vote de 2016 : « 35 000 collaborateurs s’occupent de la sécurité de nos plateformes et contribuent aux élections. Nous avons établi des partenariats avec 70 médias spécialisés, dont cinq en France, dans la vérification d’informations », a déclaré Nick Clegg.

L’avenir nous dira si ces mesures auront été suffisantes. On remarque toutefois que la convocation de Mark Zuckerberg au congrès aura peut-être fait bouger les choses.