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Attaque du Capitole durant la cérémonie de certification de Joe Biden

Dernière mise à jour : mars 19

Par Rita Sidki


Le mercredi 6 janvier 2021, le Congrès des Etats-Unis devait certifier la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle lors de la cérémonie de certification. Des manifestants émeutiers pro-Trump ont envahi et vandalisé les lieux pendant plusieurs heures, avant d'être évacués par les forces de l'ordre et la séance a été interrompue. Le processus a pu reprendre par la suite et le Congrès a validé la victoire de Joe Biden ce jeudi matin.

Manifestation au Capitole américain.

Emeutes au Capitole


Il s’agit d’un procédé durant lequel les deux chambres du Congrès confirment les résultats de l’élection présidentielle et officialisent l’élection du nouveau président.

Lors de son meeting « Save America Rally », qui avait eu lieu plus tôt dans la journée, Donald Trump avait appelé ses partisans à se réunir pour protester contre la procédure et « défendre la démocratie ». Les partisans du président sortant et lui-même affirment qu’une fraude électorale a eu lieu. Il avait précisé qu’ils les soutiendraient. « Aucun d’entre nous ne veut d’une élection volée par l’extrême gauche ».


Plusieurs dizaines de milliers de manifestants pro-Trump encerclaient le Capitole. Ils ont réussi à envahir de force les bâtiments afin de mettre un terme à la procédure de certification. Certains d’entre eux étaient armés et brandissaient le drapeau des États confédérés, symbole du passé esclavagiste et raciste du pays.


La Maison-Blanche a annoncé l'envoi de militaires de la Garde nationale. La maire de Washington, Muriel Bowser, a déclaré l’instauration d’un couvre-feu de 18 heures, jusqu’au lendemain matin à 6 heures. Dans l'enceinte du Congrès, les équipes du FBI ont dû intervenir.


Le vice-président Mike Pence et les membres du Congrès ont dû être évacués par la police. Cinq personnes sont mortes pendant les émeutes : une manifestante abattue par les forces de l’ordre, un membre des forces de l’ordre, et trois autres décès dont on ignore encore les causes ont été constatés aux alentours.


Réaction de la communauté internationale et des Etats-Unis


Dans une déclaration diffusée à la télévision, le président élu Joe Biden a déclaré : « Notre démocratie subit une attaque sans précédent. C’est une attaque contre l’Etat de droit, contre les représentants du peuple […]. C’est de l’insurrection, à la limite de la sédition. ». Il affirme également que par les propos qu’il a tenus, Donald Trump a favorisé ces émeutes.


Les anciens présidents américains condamnent également les événements. Bill Clinton a évoqué une "attaque sans précédent" contre les institutions américaines, "nourrie par plus de quatre années de politique empoisonnée".

Supporters de Trump en marge de la manifestation au Capitole américain.

Le président français a déclaré lors d’une allocution prononcée à l’Elysée : "Nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause".


Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré sur twitter "Les Canadiens sont profondément inquiets et tristes des attaques contre la démocratie aux États-Unis, notre plus proche allié et voisin".


Divisions au sein du parti républicain et crise de la démocratie


52 interpellations ont été recensées par la police de Washington. La majorité concerne des violations du couvre-feu imposé et le port d'armes illégales. De nombreux élus et citoyens dénoncent le traitement des émeutes et une faible intervention des forces de l’ordre. Ils reprochent notamment une répression excessive en comparaison lors des manifestations antiracistes du mouvement Black Lives Matter.


Cet évènement a accru les divisions au sein du parti républicain. S’affrontent ceux qui continuent de soutenir Donald Trump et ceux qui sont en désaccord avec son bafouement de la démocratie américaine.


L'ancien chef de cabinet de Donald Trump, Mick Mulvaney, a annoncé qu’il démissionnerait de son poste actuel de diplomate. « Ce qui s'est produit ici aujourd'hui était une insurrection, provoquée par le président des Etats-Unis » a dénoncé le sénateur conservateur Mitt Romney lorsque la séance parlementaire a repris. De plus, le vice-président Mike Pence ne s’est pas opposé à la certification de Joe Biden comme le lui avait demandé Donald Trump. Le parti craint que son image soit profondément entachée suite à ces évènements.


Le Congrès a finalement bien pu certifier l’élection de Joe Biden après la fin des violences. Donald Trump a admis sa défaite : "Bien que je sois en total désaccord avec le résultat de l'élection, et les faits confirment mes dires, il y aura une transition ordonnée le 20 janvier ».


Crédit photo 1 : Martin Falbisoner, Wikimedia Commons / No change made, Creative CommonsAttribution – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 (non transposée)

Crédit photo 2 : auteur introuvable, Wikimedia commons / No change made, Attribution 4.0 International

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