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  • Robin Petyt

Chili : Les Mapuches, une communauté en danger

Début octobre 2021, une escarmouche au Chili entre les forces de l’ordre et des manifestants mapuches (une communauté autochtone du sud du Chili) a mené à la mort de deux personnes, et à en blesser trois autres.



Le phénomène s’explique par le fait que la police ait arrêté plusieurs Mapuches pour un vol présumé de voiture, et que des manifestants passant non loin s’en soient offusqués et aient réagi contre la police. Les forces de l’ordre déclarent que la situation a ensuite dégénéré, et que certains manifestants auraient tiré à l’arme lourde. Les forces de l’ordre se seraient alors trouvés obligés de tirer à balles réelles pour calmer la situation, ce qui aurait mené aux faits dont nous avons parlé plus haut. Nous voyons donc que la situation entre les Mapuches et les forces de l’ordre au Chili est pour le moins électrique.


La situation Mapuche


Les Mapuches sont une communauté autochtone. Leur culture veut qu’ils prennent soin des Terres ancestrales. Le problème se trouve dans le fait que le gouvernement chilien ait revendu à des entreprises forestières 95% des 100 000 km² Mapuches. Celles-ci sont aujourd’hui utilisées en majeure partie pour exporter du bois et pratiquer la monoculture. La population Mapuche s’en sent donc largement offensés.


La réaction des Mapuches se fait parfois de manière violente. C’est ainsi qu’en début octobre 2021, deux importants affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre chiliennes et des manifestants mapuches. Ces deux conflits ont mené à la mort de 17 personnes.


De plus, cette escalade de violence pousse le gouvernement à agir toujours plus fermement contre les manifestants. De ce fait, de plus en plus de Mapuches sont arrêtés pour des raisons plus ou moins valables. Un gros problème de ce phénomène est que ce sont les Hommes qui travaillent la Terre dans la culture Mapuche. Ces arrestations, d’hommes principalement, mènent donc à une paupérisation de la communauté.


Une ambiance difficile à vivre dans le sud du Chili


Les risques dans le sud du Chili ne se limitent pas à quelques cas isolés de lutte entre autochtones et forces de l’ordre. De fait, les attaques envers les communautés autochtones dans la région sont très régulières. Les forces de l’ordre sont réputées pour brûler le matériel industriel des travailleurs forestiers de la région. Certains habitants de la région se sentent même obligés de se déplacer avec des gilets pare-balle pour leur sécurité. Cette lutte entre l’État et les autochtones complique donc la vie de toute la population de la région, et pas simplement des personnes directement concernées.



La situation de la région est ainsi extrême. Et ce, au point que l’État chilien a déclaré l’état d’urgence dans la région, pour y assurer une meilleure sécurité, et donc une surveillance plus accrue. Cette situation n’arrange rien, dans le sens où cette forte surveillance pousse les Mapuches à se sentir agressés, et donc à se radicaliser de plus en plus. La région se trouve ainsi enfermée dans un cercle vicieux de violence.

Cette plongée dans les abîmes de la violence pousse certains Mapuches à prendre part dans des groupes terroristes. C’est ainsi que le groupe CAM, entre autres, est né. Ce groupe en vient à demander l’indépendance du peuple Mapuche par rapport à l’État chilien, ne voyant pas d’autre solution. Une telle escalade de violence rend donc difficile d’envisager une sortie pacifique de la situation.


Une lueur d’espoir pour les Mapuches


Tout n’est toutefois pas perdu pour les Mapuches. En effet, il semble que la politique soit de plus en plus de leur côté. De fait, Elisa Loncon, une Chilienne d’origine Mapuche, est à la tête de l’Assemblée constituante du Chili depuis juillet 2021. Avec elle, 17 des 155 membres de l’Assemblée sont amérindiens, dont 7 Mapuches. Ce fait pourrait donner espoir aux Mapuches que leur situation n’est pas oubliée par le gouvernement.


Cette Assemblée se présente désormais comme une instance protectrice des Mapuches. En effet, un de ses membres d’origine autochtone, Adolfo Millabur déclare vouloir que les Mapuches soient considérés comme une communauté à part, pour leur donner plus de légitimité aux yeux de l’État. La situation politique de ces Amérindiens pourrait de la sorte s’améliorer.


Enfin, nous pouvons voir qu’il n’y a pas que les discours politiques qui évoluent, mais les faits en font autant. En effet, ces dix dernières années, 120 000 hectares de terrains ont été restitués aux Mapuches. Si ces mesures apparaissent insuffisantes aux yeux des concernés, elles n’en restent pas moins une avancée considérable dans leur recherche de reconnaissance.


Crédit photo 1 : Wikimedia Commons, no change made, Own work, Phalafail

Crédit photo 2 : Wikimedia Commons, no change made, Flickr, Tomás Jorquera

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