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  • Alice Desvilles

Où en est-on en Corée du Nord ?

Par Grégoire Pradelle

Dimanche 10 janvier fut un jour de cérémonie en Corée du Nord. En effet, Kim Jong-Un s'est fait promouvoir au poste de secrétaire général du Parti des Travailleurs de Corée, lors du 8ème congrès du parti, qui se déroulait ce weekend-là. Un nouveau titre pour lequel il a été félicité lundi par Xi Jinping, qui n’avait pas félicité Joe Biden lors de son élection.

Kim Jong-Un et Donald Trump se serrant la main. Crédit photo : Wikimedia commons / No change made

Une promotion motivée


Cette promotion est tout sauf anecdotique, en effet, cette position était auparavant occupée par son père Kim Jong-Il. Un titre d’honneur qu’il conservait à titre post-mortem pour le remercier. Or, en prenant cette position, Kim Jong-Un entache la mémoire de son père, car cela implique la destitution de son père du titre pour ensuite se le voir attribuer.


Cet acte a même été qualifié d’« hérésie idéologique » par le journal NK-NEWS, un journal indépendant rapportant sur la Corée du Nord. Ce n’est pas la première fois que Kim Jong-Un s’attaque à la mémoire de son père. Il avait déjà en 2004 fait retirer des rues tous les tableaux le représentant, mais avait cependant laissé ceux de son grand-père Kim Il-Sung. Des relations internationales compliquées


Lors du 8e congrès du Parti des Travailleurs de Corée, Kim Jong-Un a déclaré que les Etats-Unis étaient « notre plus grand ennemi ». Il rappelle ainsi que les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont historiquement tendues, sinon conflictuelles -rappelons que les Etats-Unis ont largement soutenu la Corée du Sud lors de la Guerre des Corées.


Les relations entre Washington et Pyongyang durant l’administration Trump ont été qualifiées de « dignes d’un film fantastique » par Kim Jong-Un. En effet, les rebondissements entre déclarations de guerre et d’amour ont été nombreux depuis 2016, avec des temps forts tels que la rencontre entre Trump et Kim sur la frontière intercoréenne en juin 2019, ou les nombreux tweets du président Donald Trump au sujet de Kim Jong-Un.

Défilé du Parti en Corée du Nord. Crédit photo : Thomas Evans / Unsplash

Quant à la Chine et la Russie, les relations restent mesurées des deux côtés avec des échanges diplomatiques. On pourra notamment citer la venue d’experts médicaux chinois en Corée du Nord auprès de Kim Jong-Un après son opération du cœur en avril 2020. Cette même opération avait notamment engendré de nombreuses spéculations sur l’état de santé de Kim Jong-Un à travers le monde.


Le principal voisin de la Corée du Nord reste bien entendu la Corée du Sud avec laquelle Pyongyang interagit fréquemment. Les relations entre les deux pays sont extrêmement encadrées des deux côtés de la frontière intercoréenne. Il y a notamment une loi en Corée du Sud interdisant à quiconque n’ayant pas reçu une autorisation préalable de nouer des relations avec des Nord-Coréens. Cependant, les deux pays font tout de même des pas l’un envers l’autre. Ce fut notamment le cas lorsque la Corée du Nord a été autorisée à participer aux Jeux Olympiques d’hiver de 2018 se déroulant en Corée du Sud, une proposition acceptée par Pyongyang. Les deux Corées sont apparues unies à l’occasion de cet événement.

Où en est le parapluie nucléaire nord-coréen ?


Bien qu'ayant signé un accord avec Donald Trump en 2018 prévoyant une dénucléarisation militaire du pays, Kim Jong-Un n’a pratiquement pas ralenti le développement de telles armes. En témoigne le dévoilement la même année du prototype missile balistique intercontinental (ICBMs) qui serait - s’il venait à devenir opérationnel - parmi les plus grands missiles au monde.


La crise sanitaire en Corée du Nord


En janvier, la Corée du Nord ferme ses frontières à la suite de l’annonce chinoise de l’apparition du Covid-19. Le premier confinement arrive en juin à Kaesong lorsqu’une personne est suspectée d’être atteinte. Des masques sont achetés à la Chine, et le port de celui-ci est rendu obligatoire dans les lieux publics à partir de février 2020. Cependant, en janvier 2021, la Corée du Nord n’a toujours pas rapporté le moindre cas positif auprès de l’OMS, bien que près de 13,300 tests aient été effectués depuis le début de l’épidémie.

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