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  • Alice Desvilles

Une nouvelle loi anti-LGBT votée en Hongrie fait polémique au sein de l’Europe

Une loi qui fait polémique


Une loi jugée anti-LGBT a été votée au mois de juin 2021 au parlement hongrois à Budapest. Cette loi est un ajout à une loi déjà existante visant à lutter contre la pédophilie. L’ajout stipule : "la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans".


Pride à Budapest

Elle permettrait ainsi de bloquer tout programme ou média accessible aux moins de 18 ans, ce qui peut, selon les ONG, concerner un nombre très important de situations notamment grâce à l’utilisation du terme « accessible ». Cela empêcherait par exemple des films comme Harry Potter d’être diffusés avant 22h.

Cette loi a aussi été accusée de créer de fausses assimilations entre homosexualité, pédophilie et pornographie, ce qui renforce les discriminations envers les homosexuels et les minorités LGBT. Viktor Orban promeut lui-même cet amalgame avec des déclarations comme les homosexuels "ne doivent pas franchir une ligne rouge : laissez nos enfants tranquilles".


Les LGBT en Hongrie


La Hongrie n’en est pas à sa première attaque contre les communautés LGBT, si nous revenons rapidement sur l’histoire de la Hongrie, l’homosexualité a été dépénalisée en 1960, ce qui est assez tôt. Une union civique est créée en 1996 pour les couples homosexuels. Entre 1998 et 2010, plusieurs avancées sont faites, notamment contre la discrimination des minorités LGBT en Hongrie. C’est en 2010, avec l’arrivée au pouvoir de Viktor Orban, que la situation commence à se dégrader.


Orban est un conservateur. Ainsi en 2011 une nouvelle constitution voit le jour. Dans celle-ci figure une loi appelée « loi fondamentale de la Hongrie » qui n’accepte pas l’homosexualité. Cette constitution pose notamment des problèmes sur d'autres plans, notamment démocratique, car elle expose une certaine dérive autoritaire du gouvernement de Viktor Orban.





Dans la même veine, le gouvernement inscrit le terme de genre dans la constitution afin d’empêcher les changements de sexe à l’état civil. Par le suite, le gouvernement fait voter l’interdiction d’adopter pour les couples homosexuels, la limitant aux couples hétérosexuels.


La réaction européenne


La réaction des autres pays européens face à cette loi a été assez forte, la présidente de la Commission Européenne, Ursula Von der Leyen, a ainsi tweeté : « Ce projet de loi hongrois est une honte. Il discrimine sur base de l'orientation sexuelle et s'oppose aux valeurs fondamentales de l'UE. On ne fera pas de compromis. J'utiliserai tous les pouvoirs juridiques de la Commission européenne pour garantir les droits des citoyens européens. »


La Belgique a, elle, initié une déclaration commune qui a été signée par 17 pays membres de l'Union Européenne (dont l'Allemagne, l'Autriche, l’Irlande, l’Italie et la France) afin d’exprimer leurs inquiétudes face à l’acceptation de ce genre de loi au sein de l’Europe. Cette déclaration précise aussi que ces pays s’engageraient à prendre davantage de mesures s’ils jugeaient que les actions de la commission ne suffisent pas.


Le sujet ayant fait beaucoup réagir le président du Conseil européen Charles Michel, a pris la décision d’inscrire le sujet au programme des discussions du sommet des chefs d'États et de gouvernements qui s’est tenu le jeudi 24 et vendredi 25 juin 2021.


Lors de celui-ci, nombre des représentants ont exprimé leur indignation, parfois même en utilisant des expériences personnelles, à la manière d’Alexander De Croo, Premier ministre belge ouvertement homosexuel. Il a ainsi déclaré à l’attention de Victor Orban « Être homosexuel n’est pas un choix, être homophobe l’est ».


Face à ces réactions, le Premier ministre hongrois a expliqué qu’il se considérait comme un combattant des droits homosexuels, et qu’il ne voyait pas le problème avec cette loi. Orban a de plus qualifié la Commission européenne d’« État supranational », il lui a été répondu que cela n’était pas « la réalité européenne ».


Crédit photo 1 : justinvandyke, Wikimedia Commons, no change made / CC BY 2.0 ,

Crédit photo 2 : Michielverbeek, Wikimedia Commons, no change made, CC BY-SA 4.0


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