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  • Alice Desvilles

Edition spéciale journée internationale des casques bleus

Par Rita Sidki


Congo, un casque bleu salue amicalement des enfants près du marché du village


Le 29 mai est célébrée la Journée internationale des Casques bleus de l’ONU. Il s’agit d’un hommage au personnel civil, policier et militaire pour leur contribution au travail de l’ONU. Cette journée de 2021 a pour thème « La voie vers une paix durable : mobiliser le pouvoir de la jeunesse en faveur de la paix et de la sécurité ».


Quel état aujourd’hui ?


En l’occasion de cette journée, l’actuel Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, rendra hommage à la mémoire de plus de 4 000 d’entre eux qui ont perdu la vie depuis 1948. Lors d’une cérémonie virtuelle, la médaille Dag Hammarskjöld sera décernée à titre posthume aux Casques bleus ayant perdu la vie en 2020 soit 130 hommes et femmes. Le prix « Défense de l’égalité des genres » sera également remis.


Aujourd’hui, ce sont plus de 89 000 casques bleus à travers douze missions de maintien de la paix qui sont déployés à travers le monde et qui ont comme rôle principal de protéger les populations civiles. En 2020 et 2021, les Casques bleus ont dû continuer à accomplir leurs tâches vitales sur le plan de la paix et de la sécurité dans les pays où ils sont déployés tout en faisant face à la pandémie de Covid-19. Ils ont notamment aidé les autorités nationales et locales en matière de logistique pour gérer la crise sanitaire et mené des actions de sensibilisation et d’équipement. Les femmes ne représentent que 6% du personnel en uniforme des missions et ont été en première ligne dans la lutte contre le Covid-19.


L’histoire des Casques bleus


Les Casques bleus sont des civils, des militaires et des policiers provenant de divers Etats-Membres de l’ONU. Leurs champs d’action se sont élargis au fil des années : respect des cessez-le-feu, protection des civils, désarmement d’ex-combattants, défense des droits fondamentaux, lutte contre des mines terrestres… Ils doivent se conformer à des normes de comportements précises (respect des coutumes locales, faire preuve d’impartialité…) et doivent suivre une formation.


Des Casques bleus de l’Unité de réaction rapide du contingent indien, déployés à la base opérationnelle de la MONUSCO, dans cette localité, en état d’alerte, prêts à intervenir pour protéger les populations civiles.


Le 29 mai 1948, le Conseil de sécurité de l’ONU lance la première mission de maintien de la paix. Il s’agissait du déploiement d’un groupe d’observateurs militaires au Moyen-Orient dans le but de veiller au respect des accords d’armistice entre Israël et les pays arabes voisins. L’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST) a été créé.


La première intervention armée a eu lieu en 1956 lors de la crise du canal de Suez. Les Casques bleus ont reçu le prix Nobel de la paix en 1988.


Au total, 72 opérations de maintien de la paix de l’ONU ont été menées.

L’intervention des Casques bleus dans le cadre d’une mission de maintien de la paix est encadrée par trois règles principales : l’impartialité des forces déployées face aux forces présentes sur place, le consentement à l’intervention des parties en conflit et la limitation de l’usage de la force à des cas de légitime défense. Depuis les massacres qu’il y a eu au Rwanda et en Yougoslavie, l’usage de la force est autorisé dans le cas où la population civile serait en danger.


Polémiques récentes


Les Casques bleus ont été au centre de nombreuses polémiques. Ils ont été à plusieurs reprises accusés de crimes sexuels. Les principales affaires connues de ces trente-cinq dernières années ont eu lieu dans douze pays différents.

Depuis 2008, plus de 600 cas ont été recensés par l’ONU en République démocratique du Congo, à Haïti et au Libéria. Ces actes se faisaient « en échange » de services ou de biens matériels que proposaient les soldats.


En 2016, les Nations Unies ont reçu plus d’une centaine d'accusations de violences sexuelles qui ont eu lieu contre des jeunes femmes notamment des mineures en Centrafrique. Ces crimes ont été commis durant la guerre civile, lorsqu’une résolution de l’ONU a permis à la France d’envoyer des troupes sur le terrain. A la fois des Casques bleus, envoyés quelques mois plus tard, et des soldats français sont visés par ces accusations.


Crédit photo : MONUSCO Photos / Wikimedia Commons, no change made / Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0

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