Royaume-Uni, la lente descente aux enfers de Boris Johnson

Dernière mise à jour : 16 oct.

Le 16 décembre 2021, après sa victoire aux élections partielles dans le North Shropshire, au Royaume-Uni, le nouveau membre du parlement (MP) de la région, Morgan Helen déclarait « Boris Johnson, la fête est finie ».



Une telle déclaration de la part de l’opposition au premier ministre peut sembler largement surestimée. En effet, le parti conservateur n’a pas, du fait de cette simple défaite, perdu sa majorité au parlement. De plus, il peut sembler que le parti du Premier ministre Britannique ait une assise suffisamment stable pour qu’il n’ait pas à s’inquiéter de tels phénomènes politiques. En effet, élu une première fois en 2019 à la suite de la démission de Theresa May, puis une seconde fois, la même année, lors d’élections anticipées, et avec une large majorité, le premier ministre ne semblait pas avoir à se soucier de l’avis du peuple à son sujet. Pourtant, la popularité du premier ministre semble avoir été ébranlée ces derniers temps.


Des scandales contre les conservateurs


Le premier ministre Britannique est souvent décrié par la presse nationale, du fait de sa piètre gestion de la crise sanitaire. La pandémie de Covid-19 a en effet fait 147 000 morts dans le pays, ce qui en fait l’un des États du monde les plus impactés sur cet aspect par le virus. En plus de cela, le nombre de personnes contaminées dans le pays a tendance, ces derniers temps, à repartir à la hausse, atteignant les 88 000 nouveaux cas par jour. Ce genre de nouvelle est évidemment néfaste pour la popularité du politicien.


À ces événements s’ajoutent les scandales sur les réceptions données par Boris Johnson. Il a été révélé récemment, que le premier ministre avait organisé plusieurs fêtes au 10 Downing Street en décembre 2020, bravant ainsi les restrictions sanitaires imposées par son propre gouvernement. De la même façon, The Guardian a révélé que le premier ministre aurait organisé un cocktail le 15 mai 2020 en plein confinement dans son jardin avec certains de ses ministres. Le principal intéressé s’en est défendu en expliquant qu’il s’agissait d’une réunion de travail après une conférence de presse. Toujours est-il que le mal est fait, et que la popularité du ministre en subit bel et bien les conséquences.


Enfin, et pas des moindres, le MP conservateur du North Shropshire, Owen Patterson, a été dernièrement défait de ses fonctions, à la suite de scandales de corruption. Il aurait, de fait, reçu des versements de deux entreprises de la région contre leur protection. Si le premier ministre n’est pas directement concerné par cette affaire, la popularité de son parti en prend malgré tout un coup.



Des résultats électoraux décevants


Les élections qui ont suivi ce renvoi se sont soldées par une défaite du parti conservateur, et ce phénomène ne doit pas être pris à la légère. Le North Shropshire est traditionnellement conservateur, et le parti du premier ministre pensait pouvoir y gagner les élections partielles avec une large majorité. Toutefois c’est Helen Morgan, la candidate du parti Labour qui y a gagné avec 6 000 voix d’avance.


Le taux de participation à ces élections peut aussi être vu comme un élément préoccupant pour la majorité en place. En effet, Celui-ci ne s’est élevé qu’à 46,3 % des électeurs inscrits, ce qui montre une désillusion du peuple face à la politique de manière générale. Le parti du premier ministre semble dès lors en perte de vitesse auprès de ses propres électeurs.


Le parti se disloque


Mais cette baisse de popularité en externe du parti n’est pas le seul souci actuel de Boris Johnson. Son parti semble cesser de plus en plus de le soutenir. De fait, le mardi 14 décembre, le Parlement a voté la proposition de loi du premier ministre, qui visait à mettre en place une forme de « pass sanitaire » pour les grands évènements. Le souci est que 99 députés tories ont décidé de voter contre la proposition de loi de leur premier ministre. Cette décision apparaît comme une opposition radicale face à la personne de Boris Johnson, d’autant plus que cette loi est tout de même passée, mais grâce aux voies de l’opposition.


Face à cette défiance du parti face à l’actuel premier ministre, une succession semble se profiler. Liz Trun, l’actuelle Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, et Riski Sunak, le ministre des Finances pourraient envisager de prendre la suite du premier ministre.


Crédit photo 1 : Wikimedia Commons, UK Government, http://www.nationalarchives.gov.uk/doc/open-government-licence/version/3/

Crédit photo 2 : Wikimedia Commons, UK Government, http://www.nationalarchives.gov.uk/doc/open-government-licence/version/3/


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