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  • Alice Desvilles

Le Brexit, un long processus

Mis à jour : mars 19

Par Anastasia Postovan


Le 1er février 2020 à minuit, le Royaume-Uni s'est officiellement retiré de l'Union Européenne. Tout au long de ces onze mois de transition, les parties ont dû tomber d’accord sur la manière de perpétuer leurs relations. L’un des enjeux principaux était de s’entendre notamment sur le maintien du libre-échange, mais elles n’ont pas pu se mettre facilement d’accord.

Journal anglais annonçant le Brexit.

Après de nombreux mois de négociations houleuses, la perspective d’un no deal menaçait de plus en plus. Pourtant, l’accord érigé entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne concernant le Brexit a été approuvé par les chambres britanniques avec une écrasante majorité de 521 voix contre seulement 73. Après avoir été consenti par la Commission européenne, les différents membres de l’Union ainsi que le Parlement britannique, la voie est ouverte à une sortie officielle du pays le 1er janvier 2021.


Le début d’un long processus


La décision de retirer le Royaume-Uni de l'Union européenne a été confiée aux citoyens du Royaume-Uni lors d'un référendum tenu le 23 juin 2016. 52% ont voté pour, 48% ont voté contre.


En mars 2017, la Première ministre britannique, Theresa May, a pris la responsabilité d’informer les dirigeants de l'UE du début de la procédure du retrait de l'Union Européenne, en accord avec l'article 50 du traité de Lisbonne. Après cela, les négociations ont pu enfin débuter, et devaient initialement s'achever en avril 2019.


Cependant, en raison des nombreux désaccords entre Londres et Bruxelles, ainsi qu'au Parlement britannique, le processus a été largement retardé. Par ailleurs, Theresa May s’est vue contrainte de démissionner. C’est ainsi que Boris Johnson, l'un des plus fervents partisans du Brexit, est devenu le nouveau Premier ministre. Par conséquent, un accord sur le Brexit réactualisé n’a pu être signé que le 17 octobre 2019 après de nombreuses crises, et après avoir été ratifié par les 27 pays de l’UE et par le Parlement européen.


Rappelons que le gouvernement britannique a déclaré que "le vote pour quitter l'UE ne sera que le début, mais pas la fin du processus". La longueur du processus était attendue et les Britanniques étaient au courant des enjeux. En effet, outre l’accord de sortie négocié avec l’UE, le retrait de l'UE oblige le Royaume-Uni à renégocier de nombreux traités et accords internationaux concernant de nombreux domaines.


Une procédure historique


Etant donné qu’aucun membre de l’UE ne l’avait auparavant quittée, la procédure était inédite et n’avait donc jamais été testée dans la pratique. C’est alors que les répercussions d’un tel accord s’annoncent grandes et complexes. En effet, le Royaume-Uni doit maintenant négocier des accords bilatéraux distincts avec les pays du monde entier. D’autant plus que l’objectif principal pour le Royaume-Uni est de conserver les avantages offerts par le libre-échange, sans être soumis aux contraintes posées par l'Union Européenne.

Manifestation contre le Brexit.

Dans l’optique d’éviter un no deal qui serait peu bénéfique aux deux parties, un accord sur leurs relations futures a été préalablement conclu de justesse le 31 décembre 2020. En effet, malgré les actives négociations tout au long de l’année, la question de la répartition des quotas de pêche dans la zone économique du Royaume-Uni a longuement bloqué l’avancée des échanges. Les négociateurs britanniques avaient fortement insisté sur une augmentation significative des quotas pour les pêcheurs de leur pays : il aura fallu attendre la fin du mois de décembre pour que Londres assouplisse ses exigences. En effet, la menace d’un no deal le 1er janvier se dessinait de plus en plus concrètement, et la perspective d’un départ sans aucune base juridique devenait de plus en plus pesante.


Nouvelles mesures


C’est donc un cadeau de nouvelle année que le Royaume-Uni et l’UE se sont offerts, prenant la forme d’un accord de 1246 pages. Ainsi les députés de la Chambre des Communes ont abandonné leurs vacances pour se réunir lors d’une réunion extraordinaire le 30 décembre afin de permettre à cet accord de rentrer en vigueur le 1er janvier.


Le document a également été approuvé par la Chambre des Lords et la reine d’Angleterre. Il comporte la création d'une zone de libre-échange sans quotas ni tarifs, l'introduction de contrôles douaniers, sanitaires et phytosanitaires entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.


Désormais, pour se rendre en Europe, les Britanniques devront se soumettre à des contrôles aux frontières et devront obtenir un visa s’ils souhaitent y séjourner plus de 90 jours. Ceci s’appliquera dans six mois, tout comme les limitations dans les normes liées au travail. Un protocole additionnel pour l’Irlande a été créé et est entré en vigueur le 1er janvier. Il garantit la libre circulation entre le Royaume-Uni et l’Irlande qui est membre de l’Union Européenne. A la demande de l’Angleterre, l’accord ne s’applique pas encore aux questions de politique étrangère, de sécurité et de coopération en matière de défense.


Crédit photo 1 : Habib Ayoade / Unsplash

Crédit photo 2 : ChiralJon, Wikimedia Commons / No change made, Attribution-ShareAlike 4.0 International

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