Une fragilisation de l’Afrique du Sud
Au mois de juillet, une série de violences et de pillages ont saccagé plusieurs grandes villes d’Afrique du Sud. Des dizaines de morts étaient à déplorer. L’événement déclencheur de ces troubles fut l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma. Cette crise surgit dans un contexte d’épuisement du pays où l’économie est ravagée par la pandémie de Covid-19.

Une semaine violente
Jacob Zuma est devenu président en 2009. Il a été contraint de quitter le pouvoir en 2018 après avoir été mêlé à des scandales de corruption. Ce dernier est désormais incarcéré. L'événement a mis le feu aux poudres. En quelques jours, une multitude de commerces ont été pillés et l’armée a dû intervenir. En une semaine, le bilan s’élevait à quatre-vingt morts.
Pour faire face à ces troubles, les effectifs des forces de l’ordre ont été relevés tandis qu’une mobilisation citoyenne d’auto-défense s’est organisée pour faire face aux pilleurs. De nombreux militants pro-Zuma ont rejoint le mouvement dans la foulée des violences et des pillages. L’organisation professionnelle Business Leadership South Africa dénombre un total de 800 commerces pillés ainsi que 200 centres commerciaux attaqués dans l’ensemble du pays.
Les conséquences économiques et sociales sont dramatiques pour une grande partie de la population. Des organisations versant des allocations aux plus démunis ont été détruites et les propriétaires des commerces pillés vont rejoindre la masse des chômeurs. Les données officielles relèvent que cette année, le taux de chômage a atteint 32,6% de la population active. Les destructions affectent en particulier deux provinces : le Kwazulu-Natal et le Gauteng, région minière où se trouve la capitale économique Johannesburg. Des produits essentiels sont introuvables dans certaines zones car les chaînes d’approvisionnement entre commerces ont été rompues.
Le déclin de Jacob Zuma